dans La Ville

Cela fait des jours et des nuits qu’il pleut et qu’il pèse sur le coeur des hommes… et pourtant sur cette scène nuageuse où des bourrasques assiègent les personnages et grondent les derniers insensés qui courent la peur au ventre, se joue la plus belle pièce que le hasard écrit dans un sursaut d’éternité…

Quand il pleut et que la lumière grise efface les ombres sous nos pas, quand le vent souffle et emporte nos fragiles illusions, quand les immeubles suintent et que les trottoirs rigolent, quand tout glisse sous nos pieds et sous nos mains, quand tout fuit sous nos yeux et qu’on aperçoit impuissants les restes d’un dernier sourire se noyer, on pleure et ça ne se voit même pas.

Quand il pleut, tels des sauvages en cravate, on se pend à notre costume, on s’accroche à nos coutumes de paons en rut, et on pleure, on pleure sans cesse en perdant nos dernières plumes.

Et pourtant, celui qui ose s’offrir avec une nudité audacieuse, une étincelle de poésie, un rêve d’enfant, peut prendre part à la plus belle histoire d’amour…

Car quand il pleut, le ciel et la Terre se rencontrent, se touchent, se caressent et s’aiment dans un torrent de passions et de déraison.

On quitte alors les lignes droites fabriquées par des siècles de vanité et sur la pointe des pieds, plus loin que l’horizon, plus loin qu’une larme, plus loin qu’un jour de pluie, on retrouve la cadence de l’imagination et comme le poète on s’écrie…

il fait beau aujourd’hui !

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